Palmier nain

palmier nain

Originaire des régions subtropicales de l'Amérique, le palmier nain servait tant à l'usage alimentaire que médical des Indiens d'antan. Ses bienfaits sur la santé étaient, en effet, déjà connus depuis des siècles par les habitants de cette partie du continent américain. Ce ne fut pourtant qu'après des recherches menées en Europe que ses vertus furent reconnues à l'échelle mondiale.

Présentation du Palmier nain

La Serenoa repens est une espèce de palmier qui pousse naturellement dans les zones sablonneuses et sèches de l'Amérique subtropicale. Elle se rencontre surtout en Floride, au Texas, en Caroline du Sud ainsi que dans diverses parties de l'Amérique centrale. Aux stipes rampants, la plante dépasse rarement les 2.5 mètres de hauteur contrairement aux autres espèces de palmiers. Ce qui, d'ailleurs, est à l'origine de son appellation palmier nain.

Le fruit de la plante, ressemblant fortement à l'olive noire, mûrit en saison de pluie. Il a été longtemps consommé comme des dattes par les Amérindiens vivant dans les régions subtropicales de l'Amérique du Nord. Des vertus thérapeutiques lui ont même été attribuées par les médecines ancestrales. Il servait notamment d'aphrodisiaque et de remède contre divers troubles du système uro-génital chez l'homme. Parmi ceux-ci figuraient surtout la cystite, la blennorragie ainsi que l'irritation des muqueuses. Chez la femme, la baie était le traitement préconisé en cas de perturbations mammaires.

Alors que l'usage du palmier nain fut oublié dans son pays d'origine, diverses recherches ont été menées sur son fruit en Europe. La plupart ont confirmé les bienfaits de celui-ci sur la santé, avancés des siècles auparavant par les Indiens. Des principes actifs retrouvés dans des extraits lipidostéroliques s'avèrent, en effet, être bénéfiques sur le système uro-génital masculin. Aujourd'hui, ce type d'extrait entre dans la composition de nombreux produits pharmaceutiques.

Bienfaits du Palmier nain sur la santé

Le palmier nain est utilisé pour la prise en charge de certaines pathologies. Parmi celles-ci, il y a notamment :

L'hypertrophie bénigne de la prostate

De nombreuses études ont avancé l'efficacité du palmier nain pour la prise en charge d'une hypertrophie bénigne de la prostate [1]. Des extraits de la plante ont permis de réduire considérablement les symptômes associés à cette pathologie. Ils s'avèrent être même tout aussi efficaces que des médicaments de synthèse habituellement utilisés à cet effet. Ils présentent, toutefois, l'avantage d'avoir moins d'effets secondaires que ces derniers.

Le palmier ne produit, en effet, ni perturbations au niveau de la fonction érectile ni baisse de la pression. Ce qui n'est pas le cas des médicaments, dont les effets indésirables touchent plus de 8% de ceux qui les utilisent. Le remède agit, en outre, dès 6 semaines d'utilisation et les symptômes ne reviennent que plusieurs mois après son arrêt. Un traitement au finastéride, un des médicaments les plus utilisés contre cette pathologie, ne prend effet qu'après 3 mois tout au moins. Il doit être pris à vie et en cas d'arrêt, les symptômes reviennent en moins d'un mois.

Les bienfaits de la plante résideraient dans le fait qu'elle inhibe en partie la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone. Ce dernier est, en effet, connu comme favorisant le développement de la maladie. En outre, il a été observé que des molécules du palmier favorisent l'apoptose cellulaire au niveau de la prostate. Ce qui va contribuer au ralentissement de l'hypertrophie de cet organe.

Les troubles urinaires chez les hommes

Associé à l'ortie, le palmier nain est efficace pour traiter les problèmes urinaires chez les hommes. Il en est notamment le cas lorsque ceux-ci sont dus à une hypertrophie bénigne de la prostate. L'ortie figure, en effet, parmi les plantes réputées pour leurs effets positifs en cas de troubles urinaires. Le palmier, de son côté, possède un effet anti-inflammatoire qui peut apaiser l'inflammation au niveau de la prostate. Cette combinaison est toute aussi à même de réduire ces troubles que des médicaments classiques. Cependant, elle n'est efficace qu'à un stade léger à modéré de l'hypertrophie prostatique. À une phase avancée, elle ne présente plus aucune efficacité.

Le cancer de la prostate

Quelques études se sont penchées sur l'éventuel effet du palmier nain sur le cancer de la prostate [2]. Tout comme le thé vert, le palmier nain agit contre le cancer de la prostate. Des principes actifs de la plante ont montré une aptitude à inhiber le développement des cellules cancéreuses in vitro et in vivo. Ils ont même favorisé la mort naturelle de ces cellules anormales au cours de l'une des observations. Les résultats des études ne semblent, toutefois, pas unanimes sur les réelles efficacités de cette plante concernant cette pathologie.

Conseils et précautions d'utilisation du palmier nain

La dose journalière de palmier nain varie suivant la teneur en principes actifs des compléments alimentaires choisis. La plus souvent prescrite est de 320 mg par jour pour des extraits normalisés à 85% d'acides gras et de stérols. Ce dosage est à répartir en deux prises au cours de la journée. Pour une association de la plante avec de l'ortie, il faut ajouter à cette dose 240 mg d'ortie.

Il est à noter que les bienfaits du complément ne se manifestent que 4 semaines après le début du traitement. Dans certains cas, ils peuvent même prendre 6 semaines. En général, le palmier nain ne présente aucun effet indésirable grave sur la santé sauf quelques légers troubles digestifs. Sa prise doit, toutefois, être effectuée avec précaution chez des sujets suivant un traitement anticoagulant et antiplaquettaire. Le fait est que des cas rares ont montré que la plante peut conduire à une hémorragie cérébrale et des saignements accrus.

Références

[1] Carraro JC, et al. « Comparison of phytotherapy (Permixon) with finasteride in the treatment of benign prostate hyperplasia : A randomized international study of 1,098 patients.» Prostate. 1996.
[2] Shenouda NS. et al. « Phytosterol Pygeum africanum regulates prostate cancer in vitro and in vivo.» Endocrine. 2007.