Gardénia : utilisation traditionnelle et bienfaits de la plante

 

Gardénia

Appartenant à la famille des Rubiacées, le gardénia compte près de 70 espèces arbustes, réputées pour leurs bienfaits médicinaux. Le G. Jasminoides, originaire de l'Asie de l'Est, et le G. Ternifolia d'Afrique du Sud sont les plus souvent étudiés par les chercheurs. Ces plantes médicinales sont utilisées depuis des millénaires pour traiter diverses affections. Aujourd'hui encore, nombreux sont les scientifiques qui essaient de découvrir leurs véritables effets pharmacologiques.

Le gardénia et les sources de ses vertus médicinales

En France, le gardénia est connu sous divers noms vernaculaires comme gardénie, gardénia majestueux, jasmin du Cap ou encore rose-condé. Selon l'histoire, cet arbuste doit son nom au botaniste et médecin écossais du 18e siècle, Alexander Garden, en hommage à ses travaux de recherche à cette époque.

Côté botanique, ce petit arbre présente une hauteur variable, allant de 1 à 6 mètres de haut. On peut l'identifier facilement grâce à son feuillage brillant et persistant, groupé en touffes à l'extrémité de rameaux rigides et courts. Son écorce lisse est de couleur jaune-verdâtre, aux écailles fines et irrégulières. Quant à ses fleurs, elles peuvent être solitaires ou en groupe, de couleur jaune pâle ou blanche. Leur agréable parfum rappelle celles du jasmin. Les praticiens de médecine traditionnelle apprécient surtout ses fruits, qui ont des propriétés purgatives et vermifuges.

Tous les organes de cette plante médicinale regorgent de molécules actives, notamment ses feuilles et racines. Les études phytochimiques ont révélé la présence de saponines, stérols, composés réducteurs, tanins et de substances polyphénoliques dans leur composition. Une extraction hydro-alcoolique de ses fruits a permis d'identifier d'autres principes actifs, comme le gardénoside (70 % avec d'autres iridoïdes), l'acide ursolique (10 %) et l'acide chlorogénique (20 %).

Utilisation traditionnelle du gardénia

L'utilisation du gardénia comme remède est surtout courante dans les médecines traditionnelles chinoises, ayurvédiques et africaines. En Asie, on utilise ses racines et ses feuilles en décoction, pour apaiser les troubles digestifs, les règles douloureuses, les maux dentaires et l'anxiété. On recommande, d'autre part, ses fruits pour éliminer les vers et parasites qui colonisent l'appareil digestif. Ils permettent aussi de nettoyer l'organisme des toxines.

En Afrique, la médecine traditionnelle éthiopienne reconnaît son potentiel antipaludique. La décoction des racines de gardénia est efficace dans la prise en charge de la malaria. D'après les recherches scientifiques, cet effet serait lié à la présence de flavonoïdes, qui possèdent une propriété antipyrétique. Leur prise permet de faire baisser rapidement la fièvre. (1)

Bienfaits santé du gardénia

Différents travaux de recherche ont permis de confirmer les bienfaits santé du gardénia. La science approuve les propriétés suivantes :

Activité hypotensive

Outre son effet antipaludéen, confirmé par les scientifiques, le gardénia agit également comme un hypotenseur. Une simple décoction de ses feuilles permet de faire baisser une pression artérielle élevée. Lors d'une expérience réalisée sur des rongeurs, l'injection intraveineuse de ses extraits a provoqué le même effet sur des cas d'hypertension induits par des substances chimiques. Cette activité hypotensive s'explique, en réalité, par sa forte teneur en flavonoïdes. (2)

Propriété antimicrobienne

Des publications ont aussi avancé la capacité de cette plante médicinale à bloquer la prolifération de certaines souches de champignons et bactéries. Elle peut, entre autres, inhiber la croissance du Candida Albicans et celle du Staphylococcus aureus, in vitro. Utilisé avec d'autres plantes aux mêmes propriétés, comme le Terminalia glaucescens et l'Isoberlinia doka, ce remède se montre encore plus efficace.

Action antioxydante

Les feuilles de cet arbuste sont particulièrement riches en flavonoïdes et composés polyphénoliques. Ces derniers sont de puissants antioxydants naturels, capables de protéger les cellules contre les effets délétères des radicaux libres. Certains ouvrages scientifiques ont également souligné l'activité des anthocyanines contenues dans cette plante. Ces substances ont pu empêcher des réactions d'oxydation de se déclencher, sous l'effet des espèces radicalaires. Parmi les plantes aux propriétés antioxydantes puissantes, on compte aussi l'acérola, dont les propriétés ne sont plus à démontrer. 

Effet anticancéreux

Selon la science, il s'agit également d'un traitement d'appoint lors de cancer. Une publication a montré que l'extrait méthanolique de ses feuilles exerçait une activité cytotoxique sur des échantillons de cellules cancéreuses humaines. Certaines de ses molécules actives, à savoir les isomères des gardenifolins, ont provoqué l'apoptose de ces cellules malades. Leur effet a été remarquable. (3)

Posologie et conseils d'utilisation

En raison d'un manque de données cliniques, il reste prudent de consommer le gardénia à faible dose. Le dosage habituellement prescrit varie entre 3 et 12 g par jour de ses feuilles ou racines séchées en poudre. Pour profiter des bienfaits du gardénia en extraits, veuillez vous référer aux conseils du fabricant.

Cette plante ne donne lieu à aucun effet indésirable notable. Il faut toutefois s'en abstenir en cas de diarrhée, car le gardénia possède un effet laxatif. Son utilisation ne convient pas non plus aux femmes enceintes ou allaitantes, enfants et sujets sous médicaments hypotensifs. Attention, une consommation abusive de ses fruits peut entraîner une phlébosclérose mésentérique : une affection qui se traduit par la calcification et la modification fibreuse des veines mésentériques. Pour tout usage de plantes médicinales, sous forme d'huile ou de complément alimentaire, respectez toujours les dosages indiqués sur l'étiquette des produits.

Références

[1] Dejen Nureye et al. « In vivo antimalarial activity of the 80% methanolic root bark extract and solvent fractions of Gardenia ternifolia against Plasmodium berghei ». Evid Based Compl Altern Med. 2018.
[2] Tekou E et al. « Effets de l'extrait semi-éthanolique des feuilles de Gardenia ternifolia sur le système cardiovasculaire du rat ». Jour de la Rech. Sci. de l'Université de Lomé. 2012.
[3] Dieudonné Tshitenge et al. « Gardenifolins A-H, Scalemic neolignans from Gardenia ternifolia: Chiral resolution, configurational assignment, and cytotoxic activities against the HeLa cancer line ». J. Nat Prod. 2017.